Martin Bormann : Chef de la chancellerie du parti nazi et secrétaire particulier d'Hitler.Jugé par contumace. Il a été prouvé plus tard qu'il avait déjà été tué, à la fin de la bataille de
Berlin.Verdict : Mort par pendaison
Karl Dönitz : Chef de la Kriegsmarine à partir de 1943. Initiateur de la campagne des U-boot et successeur désigné d'Hitler (dirigeant du Troisième Reich entre le 1er et le 8 mai
1945). Reconnu coupable d'avoir fait couler des bateaux de commerce sans sommation en violation du droit international, son avocat réussit à atténuer sa peine en prouvant que les Américains
faisaient de même dans le Pacifique avec les bateaux japonais.Verdict : 10 ans d'emprisonnement.
Hans Frank : Gouverneur général de la Pologne.Avocat d'Hitler, président de l'Académie de droit allemand entre 1934 et 1941. Repenti, le psychiatre de la prison nota qu'il était résigné et qu'il
monta les marches de l'échafaud hâtivement contrairement aux autres condamné.Verdict : Mort par pendaison
Wilhelm Frick : Ministre de l'Intérieur et protecteur de Bohême-Moravie.Auteur des lois antisémites de Nuremberg en 1935. Il est le seul prisonnier à refuser de monter sur l'échafaud, affolé, il
fut prit en main par les gardes.Verdict : Mort par pendaison
Hans Fritzsche : Responsable de la presse et de la radio au ministère de la propagande.Poursuivi à la place de Joseph Goebbels. Jugé plus tard par un tribunal allemand de dénazification, il fut
libéré en 1950.Verdict : Acquitté
Walther Funk : Ministre de l'Économie et président de la Reichsbank.Successeur de Schacht. Il a reçu de l'or de la part des SS commandant les camps de concentration. Libéré pour
cause de santé le 16 mai 1957.Verdict : Emprisonnement à perpétuité
Hermann Göring : Commissaire à l'aviation, commandant de la Luftwaffe et ministre de l'Intérieur de Prusse, numéro 2 du régime.Apparait considérablement amaigri devant le tribunal. Morphinomane, il
a subi une cure de désintoxication. Accusé le plus populaire parmi les gardes américains et le plus influent parmi ses co-accusés. S'est suicidé la veille de son exécution avec une capsule de
cyanure.Verdict : Mort par pendaison
Rudolf Hess : Dauphin proclamé d'Hitler et membre du Conseil de la défense du Reich.Il fut capturé lorsqu'il atterrit mystérieusement en Écosse, seul aux commandes de son avion en 1941. Prétendit
être amnésique, il fut diagnostiqué comme une « personnalité hystérique ». Il se donna la mort dans sa cellule de la prison de Spandau, le 17 août 1987.Verdict : Emprisonnement à perpétuité
Alfred Jodl : Chef du bureau des opérations du commandement suprême de la Wehrmacht.Acquitté à titre posthume de toutes les charges par un tribunal allemand de dénazification en 1953. Sa
condamnation à mort fut la seule qui surprit la presse parmi les autres accusés.Verdict : Mort par pendaison.
Ernst Kaltenbrunner : Chef de l'Office suprême de sécurité du Reich.Autrichien. Le plus haut chef SS survivant, successeur de Reinhard Heydrich (assassiné en 1942) comme responsable (1943-1945) de
la RSHA (Reichssicherheitshauptamt), dont faisait partie la Gestapo. Le camp de Mauthausen avait été mis en fonctionnement pendant qu'il était responsable SS pour une large partie de l'Autriche.
Ses visites à Mauthausen ont été démontrées par les photos que le témoin Boix (appelé par l'accusation française) a montré au cours de sa déclaration. Juste avant d'être pendu, il déclara avoir
fait son devoir et ne pas avoir commis de crime.Verdict : Mort par pendaison
Wilhelm Keitel : Chef de l'Oberkommando der Wehrmacht (état-major général de la Wehrmacht).A reconnu l'exécution massive de prisonniers soviétiques par la Wehrmacht. Lors de son exécution, il s'est
écrié : « Vive l'Allemagne ».Verdict : Mort par pendaison
Gustav Krupp von Bohlen und Halbach : Dirigeant du groupe Krupp Ag.Considéré comme médicalement inapte, il a échappé au procès.
Robert Ley : Dirigeant du Front allemand du travail.Se suicide avant le procès, le 25 octobre 1945.
Konstantin von Neurath : Ministre des Affaires Étrangères et protecteur de Bohème-Moravie.Libéré pour raison de santé le 6 novembre 1954.Verdict : 15 ans.
Franz von Papen : Ancien chancelier de la République de Weimar, ambassadeur en Turquie pendant la guerre.A aidé, parmi d'autres, Hitler à arriver au pouvoir. Condamné en 1947 par un tribunal
allemand de dénazification à une peine de huit ans, il en purgea deux.Verdict : Acquitté
Erich Raeder : Chef de la Kriegsmarine jusqu'en 1943.Responsable de la guerre sous-marine à outrance et de l'exécution de commandos alliés. Ne voulant pas passer le reste de sa
vie en prison, il demanda à être condamné à mort lui aussi, sa demande fut refusée. Libéré pour raison de santé le 26 septembre 1955.Verdict : Emprisonnement à perpétuité.
Joachim von Ribbentrop : Ministre des Affaires Étrangères.A signé le Pacte de non-agression avec l'URSS en 1939. Il a participé aux plans d'agression de la Tchécoslovaquie, de la Pologne et de
l'URSS. Avant de passer sur l'échafaud, il déclara : "Que Dieu protège l'Allemagne".Verdict : Mort par pendaison.
Alfred Rosenberg : Ministre des Territoires de l'Est.Idéologue et théoricien nazi.Verdict : Mort par pendaison.
Fritz Sauckel : Plénipotentiaire général pour l'emploi de la main d'œuvre (responsable du STO).A fait transférer près de cinq millions de travailleurs forcés en Allemagne. À l'annonce du verdict le
condamnant à mort, il crut à une erreur et refusa de croire à son exécution, sur l'échafaud il déclara être innocent.Verdict : Mort par pendaison.
Hjalmar Schacht : Ministre de l'Économie jusqu'en 1937 et président de la Reichsbank jusqu'en 1939.Banquier, a contribué au redressement économique de l'Allemagne, puis en disgrâce, a fini la
guerre dans un camp de concentration. Considéré comme le plus intelligent des accusés (meilleurs résultats aux tests de QI du psychologue de la prison). Condamné par la suite à huit ans de prison
par un tribunal allemand, il fut libéré en 1948.Verdict : Acquitté.
Baldur von Schirach : Chef de la Jeunesse hitlérienne et Gauleiter de Vienne. Repenti. Responsable de la déportation de Juifs autrichiens en Pologne.Verdict :
20 ans.
Arthur Seyß-Inquart : Ministre de l'Intérieur de la République autrichienne en 1938 et Commissaire du Reich pour les Pays-Bas.Chef du parti nazi en Autriche, a favorisé l'Anschluss en 1938.
Responsable de la déportation des juifs hollandais. Dernier des accusés à être pendus, il déclara sur l'échafaud qu'il espérait que sa mort serait le dernier acte de la seconde guerre
mondiale.Verdict : Mort par pendaison.
Albert Speer : Ministre de l'armement. Architecte d'Hitler, il l'aurait empêché de mener à bien ses projets de destruction complète de l'Allemagne devant l'avancée des Alliés en
1945. Responsable de l'exploitation de la main d'œuvre de camps de concentration en tant que ministre de l'Armement.Repenti.Verdict : 20 ans.
Julius Streicher : Directeur du journal antisémite Der Stürmer et Gauleiter de Franconie.A organisé un boycott des commerçants juifs en 1933 et appelé à l'extermination des juifs. Considéré comme
le moins intelligent des accusés (plus mauvais résultats aux tests de QI du psychologue de la prison). Il était profondément méprisé par ses co-accusés. Persuadé que le tribunal était composé
uniquement de juifs et que le verdict avait été décidé bien avant le procès il fit sensation lors de sa pendaison en invectivant les personnes présentes, leur promettant qu'ils seraient pendus par
les communistes et conclut par "Heil Hitler".Verdict : Mort par pendaison.
Les potences des condamnés furent préparées par l'ancien bourreau du Reich Reichhart. Elles furent dressées dans l'ancien gymnase du Palais de Justice de Nuremberg (qui fut détruit en 1987 lors de
travaux de réfection). Cependant, ce fut l'exécuteur officiel de l'armée américaine le sergent-chef John C. Woods qui officia, assisté de son adjoint Joseph Malta.
Après les exécutions, le 16 octobre 1946, les corps des condamnés auraient été incinérés dans un crématorium à Munich, et les cendres dispersées dans un affluent de l'Isar, afin que les sépultures
des condamnés ne deviennent pas un lieu de culte comme l'avait prédit Göring pendant le procès. Selon le docuemnt filmé de Henri de Turenne, "Le Procès de Nuremberg", les 11 corps des condamnés
executés furent acheminés par le moyen de trois camions jusqu'au camps de Dachau où ils furent brûlés dans un des crématoires.
Ceux qui furent condamnés à l'emprisonnement purgèrent leurs peines à la prison de Spandau à Berlin.
Les procès de Nuremberg ont permis d'ouvrir la voie vers une juridiction internationale. Dans leur foulée furent notamment institués à quelques mois d'intervalles les procès de Tokyo, pour juger
les criminels de guerre du régime shōwa, et la Cour pénale internationale qui siège désormais à La Haye.